Duran Duran

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Genre80s, new wave, pop, synth pop, rock

Duran Duran est un groupe pop d'origine anglaise très populaire aux États-Unis, au Canada et au Japon (mais aussi en Italie où - fait rare - leur succès n'a jamais faibli), faisant partie de la vague Nouveaux Romantiques (associée à la New Wave) des années 1980, surtout connu pour la qualité de ses clips vidéo. Il est composé, dans sa formation la plus célèbre, de Simon Le Bon (chant), Nick Rhodes (claviers), John Taylor (basse), Andy Taylor (guitare) et Roger Taylor (batterie) - ce dernier n'est qu'un homonyme d'un autre Roger Taylor batteur de Queen, (pour l'anecdote, on peut préciser aussi que les trois "Taylor" cités n'ont aucun lien ensemble).

Histoire

Au début des années 80, Duran Duran a incarné une certaine idée de la rock music, dont les trois maîtres mots étaient look, danse et vidéo. Après avoir imposé son nom sur la scène musicale de cette époque, le groupe a poursuivi son chemin avec une réussite certaine que l'on peut résumer en deux chiffres : 25 ans de carrière et plus de 60 millions d'albums vendus.

Mais les premiers succès avaient malmené l'intégrité du groupe, qui avait continué en trio à partir de 1985. En septembre 2000, les cinq musiciens fondateurs de Duran Duran se sont réunis et, forts de leur complicité retrouvée, ils publient aujourd'hui un nouvel album, "ASTRONAUT".

Simon LeBon explique ce qui a poussé le groupe original à se reformer.
"Pendant tout ce temps, pendant ces quinze années où nous avons été séparés, nous avons eu le temps de bien réfléchir. Et on est tous arrivés à la même conclusion : les cinq années que nous avions passées ensemble ont été si fortes, si intenses, qu'elles représentent sans doute le plus beau moment de notre vie. Et c'est le résultat de la musique que nous faisions ensemble. Personnellement, je n'ai plus été le même lorsque le groupe original a éclaté. Je ne sais pas pourquoi. Il y avait entre nous une sorte d'alchimie qui faisait que si on retirait un des cinq musiciens, ce n'était plus pareil. On a eu l'occasion de repartir ensemble et on s'est décidés à l'unanimité. On a dit : oui, on va essayer de repartir."
John Taylor, le bassiste de Duran Duran, donne d'autres précisions sur cette réunion qui n'était pas évidente a priori.


"Il a fallu faire un effort, il y a eu beaucoup de travail à faire en terme de personnalités. Entre Simon et moi, il n'y a jamais eu de problèmes durant toutes ces années. Il a fallu faire des efforts, mais c'est la musique qui nous a guidés. La première année de nos retrouvailles, chaque mois, on pensait que quelqu'un arriverait en disant : 'Je m'en vais, ça suffit.' Mais personne n'est parti et, mois après mois, on s'est rapprochés les uns des autres et on est devenus plus forts."

L'histoire de Duran Duran commence à Birmingham à la fin des années 70. La première version du groupe comprend John Taylor à la guitare, Nick Rhodes aux synthétiseurs, Simon Colley à la clarinette et à la basse, ainsi que le chanteur Stephen Duffy. A noter que ce dernier poursuit sa carrière aujourd'hui en solo ou avec son groupe The Lilac Time.

Avec le batteur Roger Taylor et l'ancien chanteur de TV Eye, Andy Wickett, Duran Duran enregistrent une première version de "Girls on film" qui témoigne de leur intérêt pour le disco-funk.

Le groupe n'a pas encore véritablement trouvé son assise. En revanche, il a déjà son nom. Simon LeBon nous rappelle d'où vient ce nom, Duran Duran.
"Ça vient du film 'Barbarella', le film de Roger Vadim avec Jane Fonda, où le personnage de Duran Duran est interprété par Milo O'Shea. Je crois que c'est Nick, non c'est John qui l'avait remarqué."

Nick Rhodes, justement, apporte quelques précisions supplémentaires concernant l'origine du nom du groupe:
"On regardait la télévision en Angleterre, c'était un vendredi soir et ils passaient 'Barbarella'. Jane Fonda y était plutôt à son avantage et Duran Duran, ça sonnait bien. C'est John Taylor qui l'a remarqué. On avait absolument besoin d'un nom parce qu'on devait donner notre premier concert la semaine suivante, et ça devenait urgent, il fallait faire imprimer des affiches, on a donc dû prendre une décision instantanée."
Influencé par la musique et les rythmes du groupe Chic, John Taylor passe de la guitare à la basse. Il fait paraître une petite annonce pour essayer de trouver, selon ses propres termes, "un guitariste moderne pour groupe tendance Bowie-Roxy."

Le premier à répondre s'appelle Alan Curtis et il rejoint Duran Duran en même temps que le chanteur Jeff Thomas. Les managers du groupe sont alors Paul et Michael Berrow, deux frères qui dirigent le "Rum Runner", un club où Duran Duran découvre sa vocation de groupe de danse et décide de se lancer sur la piste de l'euro-disco.

Après les évictions pures et simples d'Alan Curtis et de Jeff Thomas, une nouvelle petite annonce amène un nouveau guitariste, Alan Taylor. Il ne reste plus qu'à trouver un chanteur. Nick Rhodes revient sur cette époque:
"C'est en 1978 qu'on a décidé de former un groupe. Il a duré deux ans sous des formes différentes, avec différents chanteurs et guitaristes. On a alors trouvé Roger, le batteur, et deux autres Taylor, non, un autre Taylor, Andy, à la guitare, et finalement, Simon en 1980. Ça a été la première formation qui a enregistré pour EMI."
Après de nombreuses auditions infructueuses, c'est donc Simon LeBon qui devient le chanteur de Duran Duran. Ancien du groupe Dog Days, il s'est présenté sur les conseils de son ancienne petite amie, Fiona Kemp, qui est barmaid au "Rum Runner."
Nick Rhodes se rappelle l'arrivée de Simon.
"On cherchait un chanteur. On avait vu un tas de monde et on pensait qu'on ne trouverait jamais. Un jour, il s'est présenté à une audition, il avait un gros cahier plein de textes, il avait l'air bien et il a dit qu'il s'appelait Simon LeBon. On ne l'a pas cru. On a pensé qu'il avait changé de nom pour en trouver un qui faisait chanteur. Ça a été le début. Et en plus, il avait une voix bien particulière. C'était bon, et voilà l'histoire."

De son côte, Simon LeBon n'est pas mécontent de ce qui lui est arrivé. C'est en fait ce qu'il espérait et, jusqu'ici, il n'a pas eu à le regretter.
"C'est moi qui les ai trouvés, plutôt que le contraire. En fait, je les poursuivais. Et tout de suite, j'ai su que ça allait marcher. Dès notre première rencontre, on a écrit une chanson ensemble. Ils avaient une musique, j'y ai ajouté une ligne mélodique, des paroles, et ça a donné 'Sound of thunder', un titre du premier album. On a toujours eu cette chance de pouvoir entrer en studio sans rien et d'en ressortir avec quelque chose qui allait donner une chanson. Ça, on l'a toujours eu et on l'a encore aujourd'hui. Je crois que c'est une des principales raisons qui m'ont incité à rester dans le groupe, parce que j'aime beaucoup travailler sur de nouveaux projets. J'aime prendre part au processus de création. J'apprécie aussi que les autres musiciens apportent des idées différentes. C'est ça qui est intéressant. Pour ma part, je pense que je fais avec eux une musique bien meilleure que celle que je pourrais faire seul."

Avec Simon LeBon, qui s'affirme comme le parolier du groupe, avec Nick Rhodes et avec trois Taylor - Roger, John et Andy -, qui n'ont entre eux aucun lien de parenté, Duran Duran est au complet.
Ils donnent un premier concert sous cette forme au Festival d'Edimburgh en juillet 80 et, en novembre, ils assurent les premières parties de la tournée anglaise de la chanteuse Hazel O'Connor, qui est alors au sommet de son succès.
C'est à la suite de cette tournée qu'ils signent avec EMI et que le groupe démarre vraiment, avec l'idée de combiner l'énergie du punk et les éléments dansants du disco, pour essayer d'en faire quelque chose d'original.
Nick Rhodes:
"C'était après le punk, c'était le début d'une sorte de fusion de la musique électronique avec le rock et la dance music ; c'est ce qu'on essayait de construire. Parce qu'on aimait certains aspects de la disco, du punk évidemment, et aussi du glamour-rock. C'était véritablement une fusion de tout ça pour créer notre propre son, et je crois que le rock électronique était déjà installé, des groupes comme The Human League étaient là avant nous. Mais l'arrivée du mouvement 'nouveau romantique' a très vite pris le dessus."
Le premier 45-tours de Duran Duran, "Planet Earth", parait en février 81. Il se classe N°12 en Angleterre et les installe dans la mouvance "néo-romantique", même si cette appellation ne repose pas sur un fondement bien solide.
"Non, je crois que ça a été surtout une invention des médias. Mais ça nous a beaucoup aidés parce que tout d'un coup, on s'est retrouvés en point de mire, à la tête de ce mouvement. Mais on s'en est vite éloignés. On ne s'est jamais vraiment sentis 'néo-romantiques'. D'autant plus que ça a généré tout un tas de groupes vraiment épouvantables, qui n'étaient que des caricatures peu inspirées de ce mouvement et qui faisaient vraiment une musique horrible."
Lorsqu'il évoque l'ambition artistique du groupe, Nick Rhodes parle alors d'une musique de danse dont le son se situerait "quelque part entre David Bowie et Kraftwerk."
En fait, Duran Duran appartient à sa propre génération, une génération qui n'a pas grandi avec les Rolling Stones, mais avec Roxy Music, Cockney Rebel et les Sparks.
"Planet Earth" est suivi par l'album "DURAN DURAN" qui sort le 8 juin 1981. Deux autres 45-tours en sont extraits : "Careless memories" et surtout "Girls on film", deux titres qui confortent le succès phénoménal du groupe auprès des teenagers.
En Angleterre et en Australie, leurs ventes de disques sont impressionnantes. "Girls on film" est illustré par une vidéo de 9 minutes réalisée par Godley & Creme, un clip assez provoquant qui suscite beaucoup d'intérêt.
On dit alors que la vidéo a pour Duran Duran l'importance qu'a eue en son temps la stéréo pour Pink Floyd.
Sur ce sujet, Simon LeBon porte un jugement plus nuancé.
"Je ne crois pas que l'image soit aussi importante que la musique. Ce serait une grave erreur de le penser. Mais ne pas exploiter pleinement un média qui est à ta disposition serait te tromper toi-même. Tu en serais le seul perdant. C'est notre philosophie."
Le deuxième album de Duran Duran, "RIO", parait en mai 82 et les impose aux Etats-Unis où il se classe N°6.
Toujours accompagnés de vidéos aux qualités esthétiques remarquables, les titres "Save a prayer", "Rio" et "Hungry like the wolf" sont des tubes. Aux Etats-Unis, rappelant la mainmise des groupes anglais sur les hits-parades dans les années 60, on parle d'une nouvelle "british invasion".
Dans une envolée sans doute incontrôlée, le London Daily Star écrit : "Il y a vingt ans, la Beatlemania avait balayé la planète. Aujourd'hui, une autre forme d'hystérie vient de faire son apparition, la fièvre Duran Duran."
En 1980, le guitariste Andy Taylor déclarait : "Aux Etats-Unis, en Angleterre, au Japon, les jeunes n'ont plus de héros. Nous, nous pensons à ce genre de marché." C'est donc dans cette perspective que le groupe avait décidé d'un look, au départ néo-romantique, en essayant d'imposer un style musical qui soit en rapport.
Même si aujourd'hui, Nick Rhodes tempère cette affirmation.
"Je crois que le look, l'apparence des choses, c'est quelque chose d'important. Encore aujourd'hui. En ce qui nous concerne, il n'y a rien eu de prémédité. Simplement, on avait des amis qui fabriquaient des vêtements et on était clients de leur boutique à Birmingham. Et on achetait ce qui s'y trouvait. C'est devenu notre premier look, et quand on regarde de vieilles photos, on s'aperçoit que ça a bien changé."
En mars 83, "Is there something I should know" entre directement à la première place du hit-parade anglais. En juillet, Duran Duran participe au Prince's Trust, un gala de charité annuel présidé par le Prince Charles. A cette occasion, ils jouent devant leur admiratrice la plus célèbre, la Princesse Diana.
Novembre 83 marque la sortie de leur troisième album, "SEVEN AND THE RAGGED TIGER", déjà vendu à 750 mille exemplaires en précommande.
Avec ce disque, Duran Duran est bien décidé à parachever sa conquête des Etats-Unis. En avril 84, le titre "The reflex" est N°1 des deux côtés de l'Atlantique.
Duran Duran vient d'entamer une tournée mondiale de cinq mois qui aura pour ultime retombée l'album "live" qui paraît en novembre 1984, "ARENA".
A côté de neuf titres "live", "Arena" propose "Wild boys", un morceau enregistré en studio qui a été produit par Nile Rodgers, le guitariste de Chic.
Nile Rodgers est un musicien que les différents membres de Duran Duran admirent. C'est lui qui propose à Andy Taylor et à Simon LeBon de chanter sur le remix de "Lost in music" de Sister Sledge.
Ces activités parallèles, bien que réduites, traduisent un certain malaise apparu dans le groupe, un malaise sur lequel revient Nick Rhodes.
"A partir de 1984, les affaires ont pris le pas sur le groupe. On s'est rendu compte qu'on vivait au milieu de comptables et d'avocats et on a dit : stop ! Nous devenons une société ; ça n'a plus rien à voir avec la musique. On a pris nos distances et les projets Arcadia et Power Station en sont le résultat. Nous voulions travailler pour nous-mêmes et nous savions que ce ne serait pas possible dans le cadre de Duran Duran."
Après trois albums studio et un "live", on a l'impression que la carrière de Duran Duran marque le pas, qu'elle est entre parenthèses.
C'est Bernard Edwards, le bassiste de Chic, qui produit "THE POWER STATION" en mars 85. Formé pour la circonstance, The Power Station est un super-groupe qui réunit le chanteur Robert Palmer, le batteur de Chic, Tony Thompson, et deux Duran Duran : Andy Taylor et John Taylor.
Certains voient dans cette expérience le résultat de dissensions assez marquées au sein de Duran Duran, voire même le signe avant-coureur d'une prochaine séparation du groupe.
Le premier album de Power Station donne deux succès : "Some like it hot" et "Get it on", la reprise du succès de T-Rex. Pour mémoire, rappelons que The Power Station a enregistré un second album en 1996, "LIVING IN FEAR", mais sans John Taylor.
Comme pour alimenter les rumeurs de séparation qui vont bon train, on apprend que les musiciens de Duran Duran qui n'ont pas participé au projet The Power Station envisagent d'enregistrer de leur côté sous le nom de Simon & Co.
Malgré tout, le groupe se retrouve au grand complet en mai 85 pour "A view to a kill", le thème du nouveau James Bond dont le titre français est "Dangereusement vôtre".
C'est à cette époque que Simon LeBon fait la une des journaux, mais pour d'autres raisons. Après avoir échappé de peu à la noyade lors du naufrage de son bateau, le "Drum", il se marie. Il épouse son amie de longue date, le top-model Yasmin.
Quant au projet initial de Simon & Co, il se matérialise finalement sous le nom d'Arcadia. On y retrouve Simon LeBon, Roger Taylor et Nick Rhodes.
Leur album "SO RED THE ROSE" parait en novembre 85. Il contient le single "Election day" qui se classe N°3 aux Etats-Unis.
Evidemment, la tentation est grande de comparer The Power Station et Arcadia, les deux groupes issus de Duran Duran.
Nick Rhodes a son idée sur le sujet.
"Nous avons choisi le nom Arcadia d'un commun accord, Simon, Roger et moi-même. Nous voulions quelque chose d'assez mystérieux, d'assez sombre, plus underground. La musique de l'album 'So red the rose' est plus atmosphérique, très différente de celle de Power Station. The Power Station, c'est un nom formidable qui correspond bien à leur musique. Notre démarche est à l'opposé."
A ce moment, on ne donne pas cher de Duran Duran, d'autant qu'Arcadia et The Power Station ont vendu chacun plus de deux millions d'albums. Effectivement, le groupe éclate au printemps 86, mais pas comme on le prévoyait.
C'est d'abord le guitariste Andy Taylor qui s'en va. Il s'installe à Los Angeles pour se lancer dans une carrière solo qui commence par le 45-tours "Take it easy", un extrait de la bande originale du film "American Anthem". Deux albums suivront : "Thunder" en 87 et "Dangerous" en 90.
Puis, c'est le batteur Roger Taylor qui décide de partir : il ne s'est, dit-on, jamais vraiment adapté au style de vie des superstars et il choisit de se retirer pour s'occuper de sa ferme dans le Gloucestershire.
Malgré cette série de démissions, Duran Duran revient dès l'automne 86 sous la forme d'un trio composé de Simon LeBon, Nick Rhodes et John Taylor.
Ce qui ne semble pas leur poser de problème majeur.
"Lorsque nous avons redémarré, nous étions si désespérément heureux de retrouver Duran Duran que la perte, pourtant définitive, d'Andy et de Roger est passée au second plan."
"Ils avaient leurs propres raisons de ne pas nous suivre. Il y avait trop de pression à leur goût. Malgré leur départ, nous savions exactement quelle direction nous voulions prendre, quel producteur nous voulions, en l'occurrence Nile Rodgers qui avait déjà fait 'The reflex' et 'Wild boys'. Et on est arrivés avec un disque vraiment funky, c'était 'Notorious'."
Sur "NOTORIOUS", en novembre 86, Duran Duran affiche une nouvelle maturité, qui souffre toutefois de l'emprise que Nile Rodgers a exercé sur la réalisation du disque. Malgré le succès du titre générique, ils ne parviennent pas à retrouver les sommets atteints précédemment.
Avec le 45-tours "I don't want your love" et l'album "BIG THING" en octobre 88, Duran Duran essaye une nouvelle fois d'échapper à son image d'idoles pour teenagers, de "groupe-dentifrice", selon l'expression de Simon LeBon.
Il est vrai que le style d'écriture de Simon a évolué : il est moins abstrait, plus direct, et il aborde des sujets plus difficiles.
"Quand tu écris des textes, tu dois être honnête. J'ai appris ça avec les années. Au début, je faisais marcher mon imagination, je faisais semblant d'être David Bowie, d'être le 'Starman' de Bowie. Je crois que j'ai écrit plusieurs chansons dans cette optique. Maintenant, je crois que c'est l'honnêteté qui sonne vrai. Nick me donne un coup de main pour les textes et parfois, ça m'agace. Il est comme un filtre, et ça marche. Il me pousse vers l'avant et c'est le travail le plus honnête que j'ai fait, ce que je ressens vraiment. Quand tu écris des mots qui te viennent du cœur, ça sonne juste pour le public. Dans ce que tu dis, les gens savent qu'ils ne sont plus seuls."

L'album "Big Thing" met également en avant technologie et puissance, des qualités que l'on découvre chez Duran Duran, mais qui ne semblent pas nouvelles pour Simon LeBon.
"Cette puissance, je pense que nous l'avons toujours eue, et nous avons constamment essayé de la conserver. Vu sous cet angle, la production a souvent travaillé contre nous en gommant les tripes de notre musique. Avec 'Big Thing', nous avons pu la remettre en valeur et nous essayerons de faire encore mieux pour le prochain album. On va voir jusqu'où on peut aller."
En 1989, Duran Duran propose une sorte de bilan avec l'album "DECADE", une compilation qui résume leurs dix années de carrière.
Puis c'est "LIBERTY", en septembre 1990, qui présente un nouveau Duran Duran : le groupe est en effet redevenu un quintet avec les arrivées du batteur Sterling Campbell et de Warren Cuccurullo, l'ancien guitariste de Frank Zappa et des Missing Persons.
"Liberty" a beau être parfaitement réussi, les ventes ne décollent pas et le groupe marque alors une pause de deux années afin de repenser sa musique.
Janvier 93 apporte un nouvel album simplement intitulé "DURAN DURAN", mais que l'on appelle le plus souvent "THE WEDDING ALBUM", car sa pochette est illustrée par des photos de mariages.
Le single, "Ordinary world", se classe N°3 aux Etats-Unis et N°5 en Angleterre. C'est un succès qu'ils n'avaient plus connu depuis 1988 et qui leur assure une belle revanche.
Duran Duran s'attaque alors à un projet complètement différent : un album de reprises en hommage à tous les artistes qui, directement ou indirectement, ont influencé leur carrière. Au cours de l'été 94, leur version de "Make me smile (come up and see me)", le classique de Steve Harley & Cockney Rebel, figure sur la bande originale du film "Threesome".
Puis, sur le même principe, on peut retrouver leur reprise du "Thank You" de Led Zeppelin dans la bande-son du film "With Honors". En mars 95, ce même morceau fait également partie, mais dans une version remaniée, de l'album "ENCOMIUM", qui rend hommage à Led Zeppelin.
"THANK YOU" est aussi et enfin le titre générique de l'album de reprises que Duran Duran publie en même temps. Le single qui en est extrait réunit "White lines" de Grandmaster Flash et "Perfect day" de Lou Reed.
Duran Duran, qui vient de perdre John Taylor parti pour une carrière solo, contribue en 97 à la bande originale du film "Le Saint" avec le titre "Out of my mind".
Un nouveau single, "Electric Barbarella", annonce la sortie d'un nouvel album, "MEDAZZALAND", en octobre 97. "Electric Barbarella" est téléchargé en Liquid Audio depuis les Studios Abbey Road, devenant ainsi le premier single mis en vente sur Internet.
Très attentifs au développement des nouvelles technologies, les musiciens de Duran Duran ont tout de suite compris l'intérêt qu'ils pouvaient en tirer. Simon LeBon.
"C'est un nouveau média en plein essor, très intéressant, et qui provoque un peu partout une véritable folie".
Nick Rhodes développe un peu plus longuement le sujet.
"Je crois qu'Internet est en train de devenir le vecteur le plus important pour la musique ; et ça se développe à la vitesse grand V. Nous avons l'intention de l'utiliser pour vendre directement à notre public, pour diffuser des concerts sur notre site 'duranduran.com'. On tâtonne encore un peu, mais ça se met en place, c'est en train de prendre forme. Internet, c'est un lien direct avec le public."
Après avoir publié la compilation "GREATEST" et deux albums de remixes, "ESSENTIAL DURAN DURAN : NIGHT VERSIONS" et "STRANGE BEHAVIOUR", ils décident de quitter EMI, la maison de disques où ils sont depuis 18 ans.
Ils signent alors avec Hollywood Records, un label sur lequel ils publient "POP TRASH", en juin 2000, un nouvel album qui traduit toujours la même énergie et le même enthousiasme. Nick Rhodes.
"Quand on écrit, quand on enregistre et quand on donne des concerts, on apprend beaucoup. Il y a toujours un élément à souligner, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. C'est le cas sur 'Pop Trash', que nous avons peaufiné comme nous ne l'avons jamais fait pour un autre album. A tous les niveaux, les arrangements, l'écriture, les mélodies, les textes. Faire ça après vingt ans de carrière, c'est quelque chose de plutôt spécial."
Malgré l'optimisme affiché par Nick Rhodes, "Pop trash" est un échec. C'est alors que l'on pense à repartir sur les bases du groupe original. Nous sommes en septembre 2000 et pour les cinq musiciens, le moment est opportun.
Nick Rhodes.
"Plus personne n'avait de contrat. On étais tous disponibles et ça semblait le bon moment pour remettre Duran Duran sur pieds. Cette formation est la même que celle avec laquelle nous avons débuté notre carrière, avec laquelle nous avons progressé pendant les cinq premières années. Pour nous, ça reste une période incroyablement excitante, et on se rappelle tous les grands moments qu'on a vécus au début du groupe, les chansons qu'on a écrites, les concerts qu'on a donnés, nos fous rires alors qu'on avait tout juste vingt ans. Alors, quand l'opportunité s'est présentée de repartir tous ensemble, ça nous a pris moins de 24 heures pour nous décider et pour dire : oui, je suis partant."
Dans un premiers temps, les cinq musiciens s'isolent pour tester leur unité retrouvée et pour écrire de nouvelles chansons. Ils choisissent de louer une villa dans le sud de la France.
Simon LeBon.
"Quand on a commencé à écrire les nouvelles chansons, il a fallu partir. S'éloigner de chez nous et de nos téléphones. Pour donner toutes les chances au groupe, nous voulions un endroit où il y aurait une bonne ambiance, du soleil, du ciel bleu, la mer et de jolies filles. Et on s'est retrouvés près de Saint-Tropez, à Ramatuelle. C'était l'endroit parfait. Il y avait une grande salle de jeux, de drôles de choses comme un vieux juke-box Wurlitzer, un billard, une décoration française bizarre. On a tout enlevé, on y a mis notre matériel et on s'y est installés. C'était super. Il y a une chanson sur l'album qui rend bien cette atmosphère, c'est 'Taste the summer'. Elle traduit parfaitement l'ambiance dans laquelle on était là-bas.
De leur séjour dans le sud de la France, les cinq musiciens de Duran Duran ont rapporté neuf nouvelles chansons. Mais le chemin est encore long avant d'arriver à la réalisation du nouvel album. Simon LeBon.
"On a véritablement renoué avec la musique en 2001, et on a passé trois ans sur le projet. Et pendant ces trois ans, on a fait ce que font tous les nouveaux groupes. On est redevenus amis, on a mesuré nos forces et nos faiblesses, on a cherché un manager, on a cherché une maison de disques, on a beaucoup tourné, notamment en première partie de Robbie Williams, et on s'est retrouvé avec trente nouvelles chansons. Pour l'album, on n'a gardé que les meilleures. C'est tout un processus qu'on ne peut pas trop bousculer, si tu veux que le résultat soit bon, qu'il soit fort. Il n'y avait pas d'alternative, on ne pouvait pas revenir avec un album seulement moyen ; il nous fallait quelque chose de très bon. Autrement, le public ne nous aurait pas pardonné. Et il nous a déjà tellement donné. "
Simon LeBon, Nick Rhodes, John, Andy et Roger Taylor, viennent de publier "ASTRONAUT". C'est le onzième album de Duran Duran. Simon nous explique le choix de ce titre.
"'Astronaut', c'est grisant. C'est synonyme d'aventure. Ça ne veut pas dire que nous sommes des astronautes. Ce n'est que le titre de l'album, la réunion de douze chansons. C'est un voyage. Le voyage que fait l'astronaute. Mais c'est aussi un astronaute que nous lançons sur orbite et qui va nous revenir. Et puis, nous aimons l'espace qui est un des thèmes récurrents dans la musique de Duran Duran, depuis le début, puisque Duran Duran vient du film 'Barbarella'."
"Astronaut" propose douze titres originaux signés, comme d'habitude, par l'ensemble des musiciens. Le style est nouveau, à l'image des influences et des talents des différents membres de Duran Duran.
Pour John Taylor, il ne s'agissait pas de renouer avec une époque révolue, mais simplement de faire de la bonne musique.
"D'abord, nous croyons tous au pouvoir de la musique et au besoin qu'éprouve le public pour la musique. Nous croyons à notre propre musique, donc nous pensons que le public aimera ce que nous faisons. Je crois qu'il faut se persuader que le public a besoin de nous. C'est en tout cas ce que nous pensons. Récemment, quelqu'un nous a demandé : 'Vous croyez qu'il y a de la place pour vous ?' Nous pensons qu'il y a une grande place pour nous. Il n'y a pas assez de groupes comme Duran Duran, il n'y a pas assez de musique comme celle que nous faisons aujourd'hui. Trop souvent, les musiques se ressemblent. Le rock est peut-être en crise, mais personnellement, je pense que notre musique est fraîche et honnête. Nous sommes devenus un groupe authentique."

Duran Duran vient de sortir cette semaine "Red Carpet Massacre" nouvel opus réalisé en collaboration avec Justin Timberlake et Timbaland… Un bijou cet album… Une tournée mondiale vient de commencer à New York, à suivre pour les dates en Europe…

Andy Taylor a, de nouveau, quitté le groupe.


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